Phantasmagoria n°X

Pour cette fin d’année, je vous propose — pour une fois — de rêver éveillé, de traverser le miroir, d’aller là où se cache votre inconscient, de rejoindre vos fantasmes les plus profonds et pourquoi pas de satisfaire un désir longtemps caché.

Ressortez — cette fois-ci — vos disques de Dittersdorf, Mademoiselle Duval, Borghi ou, si vous préférez, ceux de Wolf, Alessandri, Aubert. Écoutez-les, allumez les bougies, fermez les rideaux et… attardez-vous quelque temps sur le dessin suivant, réalisé par un illustre anonyme, auteur grandiose, connu malheureusement de ses seuls fans.

Je n’ai hélas aucunes informations croustillantes à vous fournir. Cette oeuvre a, pour moi, la même force que celle proposée l’année dernière à cette date. A cette époque, je disais que sa force tenait autant dans la beauté plastique du modèle que dans l’utilisation d’un monochrome froid ; ce qui se vérifie également ici. Un gris profond, envoûtant, chantant. Un gris froid qui, paradoxalement, se trouve être très chaud au travers de l’échange de regard des deux protagonistes. Comme si cet indescriptible mélange nous appelait à plonger dans nos rêves ; comme si, telle une sirène, le dessin nous appelait à sombrer dans notre folie pour rejoindre cette délicieuse scène d’amour sacré.

Les présentations étant faites, vous pouvez maintenant jeter un coup d’oeil à cet extraordinaire dessin !

Marquis de Sade - Phantasmagoria n°X

Attention tout de même de ne pas vous faire avoir par la cheville miraculeuse de la Sainte clique de Foutin, René et Guerlichon ; cette joyeuse bande n’étant jamais loin et toujours prête à jeter sur le spectateur hypnotisé le sortilège de satyriasis ou celui plus douloureux de priapisme !

Bonne fin d’année à tous et prions pour que les caresses sensuelles exercées par cet ange de l’ombre sur cette sublime jeune femme vous fassent monter au Ciel aussi longtemps que durera le souvenir de ce dessin dans vos mémoires !

Sources : Le diable et la Jeune Femme – Anonyme